menu

SYLKHO

Ici, vous ne voyez pas l’Homme. Pourtant il est là, plus que jamais marqué par son absence. L’essentiel est ici, sans lui. Pourtant, il est le fondamental d’une réalité, la mienne, la votre. La négligence de l’importance, l’aveuglement des habitudes, la préciosité égarée au détour d’une routine, autant de paramètres heureusement inaccessibles à ces altitudes. Quand la simplicité éloigne des artifices, que reste t-il? Soi ou plutôt, du moins j’aime à le croire, la conscience de soi. Marquer le manque par l’absence est une chose à la portée de n’importe qui. Marquer la valeur par son ombre est plus délicat. J’ai tenté de le faire. Simplement tenté et dans un sens, peu importe la réussite ou non, les moments sur place sont exquis et savourés. Il n’y a pas de meilleure raison pour vouloir en partager l’essence de sa conscientisation et, au travers ces photos et de ces mots, évoquer le droit à la liberté et aux fausses routes de chacun. Avoir le droit d’exister sous des fréquences différentes est un luxe qui n’a, au sens propre du terme, pas de prix, tout comme la ferme volonté de partager cette pensée et ses paysages changeants. Avec les petites années qui parsèment mon parcours de photographe, j’ai remarqué que le sujet que nous traitions avec le plus de conviction et de facilité, quel qu’il soit, faisait office d’autoportrait le plus sincère. Photo de nature, paysage, ou florilège encré sur du papier, vous avez la même liberté et la même occasion que moi sur le terrain de voir ou de regarder ce qu’il vous plait ou non et de l’accepter.
SYLKHO est un prénom et ne veut rien dire. Il s’est présenté, il sonnait bien, il ne m’en fallait pas plus pour personnifier ma démarche : une démarche évolutive et changeante chaque année où je pars continuer cette chasse paisible, la faire vivre à mon image de voyageur de poche. Elle grandit, je mûris. Elle devient plus sombre, je deviens plus simple. L’exposition initiale compte 14 tirages et a doucement été réalisée sur 5 ans en divers endroits des Pyrénées. Elle continue encore aujourd’hui.
Tout comme ces montagnes et ces roches, la grande valeur de chacun est inamovible. Tout comme la brume, elle peut s’abandonner au regard de l’autre pour disparaître du champ de vision. Le jugement de l’un envers autrui est une nappe de brume sur une montagne : une opinion passagère sur une route sans virages à la préciosité sure et unique, comme chaque être vivant.

© Yohan Terraza