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LA NUIT

Nous y voilà. C’est un peu chez moi ici, dans ce grand silence ombragé à l’abri du Soleil. C’est à chaque fois le même ballet : toujours, il s’enfuit pour laisser la place à l’entracte, celle que l’on appelle la nuit et qui possède les tourments des peurs primaires et invoque les plus belles espérances.
Je l’aime, aussi profondément qu’elle peut être aimée. Je tente ce lâcher-prise dans un noir qui se rie de ses propres nuances. Car oui, chaque nuit est différente. Auréolée ou non de sa Lune blafarde, des rêveries étoilées et autres nébuleuses décédées et permanentes à nos yeux égarés. Elle est aussi le chemin de pèlerinage des nuages, voyageurs de passages car embarqués sur le vol du silence.

Tout ces artefacts nous échappent un peu au creux des villes. Ca n’est pas la nuit que j’affectionne. Cette pénombre crainte et empalée de lumière factice qui nous fait oublier d’où nous nous réveillerons toujours.

La nuit est là, instaurant un cadre comme une cours d’école protectrice à la naïveté révérencieuse pendant que j’y vis mes plus belles histoires.

© Yohan Terraza